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Hôtellerie & Restauration

Eatbu : ce que Google voit vraiment quand il regarde votre site de restaurant.

Ces derniers mois, plusieurs restaurants et cafés qui m'ont contacté avaient exactement le même site, à l'adresse quelque-chose.eatbu.com. Eatbu revient souvent, parce que c'est simple, que ça coûte peu et que ça fonctionne tout de suite. J'ai fini par ouvrir le code de ces sites pour regarder ce qu'ils font réellement. Il y a de bonnes surprises, et il y a un problème que je n'avais pas vu venir.

D'abord, savoir à qui vous avez affaire

Tapez eatbu.com dans votre navigateur : vous êtes redirigé vers website.dish.co. Eatbu, c'est DISH Website, un outil édité par DISH Digital Solutions, la branche numérique de Metro, le grossiste alimentaire chez qui beaucoup d'entre vous font leurs achats. Votre site n'est pas le travail d'une agence web, c'est un service de votre fournisseur. Ça n'en fait pas un mauvais produit, mais ça éclaire tout le reste.

Ce qui fonctionne, parce qu'il faut être honnête

Je ne vais pas taper sur un outil pour le plaisir de vendre le mien. Les sites Eatbu s'affichent correctement sur téléphone, ce qui est déjà mieux que la moitié des sites d'hôtels que j'audite dans le Var. Ils se chargent vite. Et ils contiennent des données structurées, ces balises invisibles qui permettent à Google d'afficher vos horaires et votre adresse. La base technique tient debout.

Le problème est ailleurs, et il est plus embêtant.

Google lit votre restaurant français en anglais

J'ai demandé une page Eatbu en me présentant comme Googlebot, le robot qui parcourt les sites pour le compte de Google. Voici, mot pour mot, le titre qu'il reçoit pour un restaurant installé près de Bordeaux.

Ce que Googlebot reçoit<html lang="en"> <title>A Table ! Restaurant - Le Haillan | French cuisine near me | Book now</title>

La page est déclarée comme étant en anglais, et le titre l'est aussi. Un restaurant français, dans une commune française, qui sert des clients français, présenté à Google en anglais. Ce titre n'est pas une ligne perdue au fond du code : c'est la phrase que Google affiche à votre place dans ses résultats, la première chose qu'un client lit avant même de cliquer.

"Le titre de votre page est la seule phrase que Google montre à votre place. Sur Eatbu, elle est écrite par un modèle, et en anglais."

Vous pouvez le vérifier vous-même en trente secondes : cherchez le nom de votre établissement sur Google et regardez si « near me » ou « Book now » apparaît dans le titre du résultat.

Et en français, c'est pire

Quand la même page est demandée par un navigateur français, le titre est traduit automatiquement. Voilà le résultat :

Ce que voit un visiteur françaisA Table ! Restaurant - Le Haillan | Française cuisine près de moi | Réserver maintenant

« Française cuisine ». Une faute de grammaire, dans le titre de votre restaurant, en haut de l'onglet du navigateur. Dans un métier où l'on soigne la nappe, le dressage et l'accueil, c'est le genre de détail qui abîme tout le reste.

Le même titre pour tout le monde

Ce titre suit une formule appliquée à tous les établissements : le nom, la ville, un type de cuisine, « near me », « Book now ». Des milliers de restaurants partagent la même phrase, au nom près. Google n'a donc rien qui vous distingue de votre voisin, et votre futur client non plus. Vous devenez une ligne dans un catalogue, alors que vous êtes justement en train de payer pour ne pas en être une.

L'adresse n'est pas la vôtre

votre-restaurant.eatbu.com. Ce nom de domaine ne vous appartient pas, il appartient à l'éditeur. Tout ce que vous accumulez de réputation, d'ancienneté et de liens aux yeux de Google, vous l'accumulez sur son terrain. Le jour où vous partez, vous ne l'emportez pas. Vous recommencez à zéro sur une nouvelle adresse, et les années de visibilité restent chez eux.

En attendant, vous n'avez pas non plus d'adresse mail à votre nom. Vous écrivez à vos clients, à vos fournisseurs et à vos futurs employés depuis une boîte Gmail, alors qu'un contact@votre-restaurant.fr coûte quelques euros et vous fait passer pour ce que vous êtes : une maison sérieuse.

Un exemple qui traîne encore dans Google

En cherchant des sites Eatbu, je suis tombé sur un restaurant de Sanary-sur-Mer, toujours listé dans Google avec l'adresse grignothe-eatbu.com. J'ai voulu l'ouvrir : le domaine n'existe plus du tout, il ne répond même pas. Je ne sais pas si la maison a fermé ou si elle a simplement arrêté de payer, et ça ne me regarde pas. Ce que je retiens, c'est que le nom de domaine qu'ils avaient pris contenait quand même le mot eatbu, et qu'il n'en reste rien aujourd'hui, pendant que Google continue d'envoyer des gens dessus.

Vos mentions légales sont traduites d'un modèle étranger

Dans le code, les blocs juridiques s'appellent « Imprint » et « Data Privacy ». C'est le vocabulaire allemand des mentions légales, passé à la moulinette d'une traduction. En France, ces pages obéissent à des règles précises : l'éditeur, le numéro SIRET, l'hébergeur, le traitement des données. Le bloc existe bien sur les sites Eatbu, mais relisez le vôtre attentivement, parce que ce qui est écrit là engage votre responsabilité et pas celle de Metro.

Le vrai prix

Le site est la porte d'entrée. La réservation en ligne et la commande sont vendues à côté, sous forme d'abonnement mensuel. Prenez le montant que Metro vous prélève chaque mois, multipliez-le par trente-six, et comparez avec le prix d'un site qui serait vraiment le vôtre. Le calcul surprend souvent, et il ne joue pas en faveur de la location.

Ce que je conseille, même à ceux qui ne travailleront jamais avec moi

Achetez votre nom de domaine. Aujourd'hui, pas l'année prochaine. Une dizaine d'euros par an, dix minutes chez n'importe quel hébergeur, et il est à vous pour de bon. Vous pouvez le brancher sur votre site actuel, Eatbu compris. Le jour où vous changez d'outil, vous partez avec votre adresse, vos clients vous retrouvent, et vous ne jetez pas à la poubelle des années de visibilité.

Eatbu n'est pas une escroquerie. C'est un outil correct, construit pour vendre des services autour de lui, et qui fait donc passer son modèle avant votre restaurant. Si vous ouvrez le mois prochain et qu'il vous faut une page en ligne tout de suite, allez-y sans complexe. Mais si votre maison tourne depuis cinq ans, qu'elle a une histoire, une cuisine et des habitués, et que Google la présente toujours avec un titre en anglais et une faute de français, alors vous méritez mieux que le site de votre grossiste.

Les questions qu'on me pose

Eatbu est-il vraiment gratuit ?

Le site sert de porte d'entrée à l'écosystème DISH by Metro. La réservation et la commande en ligne sont facturées à part, au mois. Le vrai prix, c'est ce que vous payez chaque mois multiplié par le nombre d'années où vous restez.

Puis-je utiliser mon propre nom de domaine avec Eatbu ?

Oui, c'est possible, et vous devriez le faire dès maintenant. Beaucoup d'établissements restent pourtant sur l'adresse en .eatbu.com fournie par défaut, qui appartient à l'éditeur.

Si je quitte Eatbu, est-ce que je garde mon référencement ?

Non, pas si votre site vit sur une adresse en votre-restaurant.eatbu.com. L'ancienneté et la réputation accumulées auprès de Google sont attachées à leur domaine. En partant, vous repartez de zéro. C'est précisément pour cette raison qu'il faut posséder son nom de domaine dès le premier jour.

Votre site est-il en train de vous desservir ?

Je regarde le code de votre site, je vous dis ce que Google voit de votre établissement et ce qui fait partir vos visiteurs. Gratuit, et je vous réponds par écrit, que vous travailliez avec moi ou non.

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